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Les moustiques marnais nous attaqueront-ils plus que d'habitude cette année ?

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne

Beaucoup d’entre nous ont l’impression d’être envahis par les moustiques cette année. Fausse impression ou réelle invasion ?... Éléments de réponse

La chasse est ouverte !
La chasse est ouverte ! © Getty

Et oui c'est vrai qu’il y en a beaucoup. Depuis quinze ans que l'on démoustique dans le Grand Reims, nous n'avons jamais eu autant de retours des habitants, précise Jean Christophe Inglard directeur de l'eau et de l'assainissement au Grand Reims, et directeur du SIABAVES, le Syndicat Intercommunal d’Aménagement du BAssin de la Vesle, de l’Aisne et de la Suippes. Une de ses missions est la démoustication des territoires des communes traversées par la Vesle et la Suippes. Et si vous avez l’impression qu’il y a plus de moustiques cette année, c'est pour plusieurs raisons, explique-t-il.

Humidité, chaleur et confinement

Nous avons eu un hiver très humide, une nappe phréatique qui s’est bien rechargée donc des marais remplis d’eau stagnante. Ensuite vers la mi-mars a commencé une période plutôt chaude propice au développement des moustiques sur des étendues importantes. D’autre part, le confinement à partir de mi-mars a favorisé le maintien d’habitats des moustiques parce que l’homme est peu intervenu pour supprimer les eaux stagnantes et pour faucher les herbes hautes qui constituent des zones tranquilles pour les moustiques. Tous les habitats ont donc été privilégiés pour les moustiques, ce qui a pu favoriser leur développement. 

Chritsophe Inglard, directeur du SIABAVES et directeur de l'eau et de l'assainissement au Grand Reims
Chritsophe Inglard, directeur du SIABAVES et directeur de l'eau et de l'assainissement au Grand Reims © Radio France - Nicolas Schmitt

Chaque année une étude de terrain est menée à la fin de l’hiver pour déterminer l’étendue des zones humides et l’état de la présence des larves de moustiques afin de circonscrire les zones à traiter. Le traitement se concentre sur les communes traversées par la Vesle et la Suippes, en insistant sur les marais attenants.  

Le confinement n’a pas empêché le SIABAVES de mener une campagne de démoustication. Les trois quarts des communes riveraines de la Vesle et de la Suippes en ont fait la demande (30 communes). 

Le moustique peut vraiment nous pourir la vie
Le moustique peut vraiment nous pourir la vie © Getty

Epandage par hélicoptère 

L’épandage du BTI (Bacillus Thuringiensis Israelensis) un bacille biologique qui s’attaque aux larves de moustiques s’est fait par hélicoptère les 16 et 17 avril derniers, sur une superficie de 350 hectares. C’est la société Cobalys, basée dans l’Essonne et spécialisée dans les traitements aériens, qui été mandatée. Mais en cette année particulière, l’efficacité est moindre pour les raisons expliquées plus haut. Autre limite à ces interventions, la pulvérisation ne peut se faire que loin des habitations. La facture pour deux jours d’épandage par hélicoptère se monte à 48 000 euros.

On pourrait engager des campagnes de traitements terrestres mais ces interventions coûteraient douze fois plus cher, Christophe Inglard, directeur du SIABAVES  

Des pièges à moustiques 

Afin de mesurer l’efficacité des traitements, des pièges à moustiques sont installés dans des zones non traitées et d’autres dans des zones traitées. Il suffit ensuite de comparer l’évolution du nombre d’individus piégés dans les deux types de zones, plusieurs jours après la pause des pièges.  

Différents stades de développements des moustiques dans les gîtes larvaires
Différents stades de développements des moustiques dans les gîtes larvaires © Getty

Mais les résultats ont finalement peu d’impact sur la décision de relancer une seconde campagne de démoustication. Elle n’est jamais menée. Pourtant Christophe Inglard reconnaît que démoustiquer en juin pourrait avoir un intérêt, mais l’efficacité toute relative, compte tenue de la surface traitée, et le coût constituent les principaux freins.

Un traitement terrestre ne serait-il pas plus efficace ? Bien sûr, admet le directeur du SIABAVE, on pourrait engager des campagnes de traitements terrestre mais ces intervention coûteraient douze fois plus cher. 

Le SIABAVES réfléchit à des modes de traitement plus efficace et plus adaptés aux territoires concernés, l’idée étant de travailler plus en relation avec les communes où le moustique se fait plus présent.  

Mais au fait... pourquoi on démoustique ? 

Traitements, précisons-le, qui ne sont destinés qu’à lutter contre les désagréments. Les 48 000 euros ne sont finalement dépensés “que” pour le confort des habitants, pour tenter de leur éviter les vrombissements aigus agaçant et les piqûres. Christophe Inglard précise en effet que le moustique peut avoir des impacts sanitaires, néanmoins, pour ce qui nous concerne, on s’attache surtout à limiter les désagréments. 

Spécimen en pleine dégustation
Spécimen en pleine dégustation © Getty

Nous, on s’intéresse aux nuisances apportées par les moustiques, nous n’avons pas de fonction sanitaire dans notre démarche. 

Et n’allez pas imaginer vous sentir à l’abri parce que vous habitez loin d’une rivière. Le moustique vit partout là où le sol est humide, où il trouve de l’eau stagnante. Et il est capable de se déplacer sur plusieurs centaines de mètres voire kilomètres.  Il pourra donc toujours vous atteindre... 

Chacun peut agir contre le moustique

Document distribué par le Grand Reims à ses habitants
Document distribué par le Grand Reims à ses habitants - Grand Reims

Chacun doit veiller à ne pas favoriser l’installation de moustiques. Pour en limiter la présence, il faut limiter les eaux stagnantes qui constituent des gîtes larvaires où le moustique peut se développer facilement. On en trouve dans les jardins, dans des seaux, des jardinières, il faut donc bien penser à les vider après l’hiver ou après une grosse averse. 

Sinon, vous devrez vous en accommoder, vivre avec... ou sans : en piochant dans l’arsenal anti-moustiques que les jardineries et autres magasins de bricolage mettent à votre disposition. Mais rassurez-vous, pour l’heure, aucune envolée des ventes d'anti-moustiques n’a (encore) été constatée.

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